Depuis un an, le gouvernement Macron – Philippe s’attaque frontalement à l’ensemble des droits et acquis des travailleurs et de leurs enfants : casse du code du travail par ordonnances, suppression de dizaines de milliers d’emplois aidés, baisse des A.P.L, remise en cause de la sécurité sociale avec la suppression des cotisations en cours, hausse de la C.S.G., réforme du baccalauréat et sélection à l’entrée de l’université, refonte de la formation professionnelle… La liste est longue.

Sortir de la concertation !

Au nom d’un « nouveau contrat social », le gouvernement engage des « concertations ». L’exemple de la formation professionnelle montre bien ce que cherche le gouvernement : le projet d’accord national interpro sur la formation professionnelle signé entre syndicats de salariés et patronat ne lui suffit pas ! Le gouvernement a présenté son projet pour mettre en place le bigbang de la formation professionnelle, en proposant de monétiser les droits à la formation, il ouvre la voie à sa liquidation.

Ce n’est pas acceptable !!! Aucune mesure favorable aux salariés ne sortira de la soi-disant concertation.

La commission exécutive demande également que la Confédération se retire de toutes les tables de concertation et de négociation (ex : C.A.P. 2022, …) mises en place par le gouvernement qui n’ont d’autre but que d’amener les syndicats à participer à la mise en place de contre réformes au nom de « l’intérêt général » à la place de la défense des intérêts matériels et moraux des salariés.

Non à la signature de l’ANI sur la formation professionnelle !

Camarades, concernant la formation professionnelle, nous attendons du bureau confédéral de notre organisation syndicale une réaction de résistance pour protéger la classe ouvrière à la hauteur de la violence de la destruction des droits auxquelles conduit cette accord. En aucun cas les résolutions du congrès de Tours n’orientent le mandat de notre confédération pour une telle signature.

Par une déclaration en date du 23 février et du 05 mars, le bureau confédéral annonce qu’il a décidé de signer l’accord interprofessionnel sur la formation professionnelle.

Pour la C.E. 22, il est temps de dire « NON » et de faire barrage à cette destruction systématique de tous nos droits et acquis collectifs.

Cette décision est très lourde de conséquence pour tous les salariés, pour la promotion sociale, pour l’existence de l’AFPA et des Lycées Professionnels. Elle menace également le statut de fonctionnaire des professeurs des lycées professionnels et les emplois de tous les salariés des organismes paritaires collecteurs agréés (O.P.C.A.) et organisme paritaire chargé de la gestion du congé individuel de formation (O.P.A.C.I.F.).

L’objectif contenu dans cet accord est de privatiser la formation initiale et continue et de la soumettre à l’hégémonie du patronat.

Les ministères précédents ont d’ailleurs mis en place l’outil qui organise la privatisation de l’enseignement professionnel : les campus des métiers tel celui de Redon où la C.C.I. et l’intercommunalité ont négocié sa mise en place avec l’Université autonome de Montpellier.

Avec cet accord sur la formation professionnelle, les patrons se frottent les mains, c’est la fin des grilles de salaires, la fin des diplômes et des conventions collectives. Les diplômes nationaux sont liquidés aux profits de blocs de compétences.

La compétence renvoie à un système individualisé d’évaluation permanente de la performance du salarié par le patron. Elle n’ouvre aucun droit, ni garantie. Au contraire, elle est un moyen de pression sur le salarié en vue de baisser le coût du travail.

« La préservation intégrale des éléments du C.I.F., appelé dorénavant C.P.F. de transition professionnelle » n’est pas assurée, l’ANI sur la formation professionnelle signe l’assassinat du C.I.F.. Pour rappel le Congé Individuel de Formation répond aux aspirations individuelles de promotion par le biais d’une formation qualifiante et diplômante ou de reconversion professionnelle, assimilée comme temps de travail cotisé.

Le Compte Personnel de Formation permet principalement des formations courtes, non rémunérées et indemnisées sous conditions, pour partie en dehors du temps de travail.

Le C.I.F. serait « remplacé » par un abondement du C.P.F. de 400 heures et quelques miettes de plus pour les salariés de bas niveau de qualification. Le Gouvernement a décidé, contre l’avis des organisations syndicales, de le monétariser à hauteur de 5.000 € ! Le coût moyen d’un C.I.F. étant de 25 à 100.000 €, voire plus, c’est la promotion sociale qui est ainsi détruite.

La transformation des O.P.C.A. et de Pôle Emploi en « opérateurs de compétences » signe la fin du droit au choix de sa formation par les salariés. Ceux-ci sont tous soumis au marché.

Quant au C.P.F. de reconversion, il faudra d’abord obtenir l’autorisation et l’accord de l’employeur alors que le C.I.F., lui, est un vrai droit.

En conséquence, la C.E. de l’U.D. FO des Côtes d’Armor attachée à la Charte d’Amiens, réunie le 16 mars 2018, demande le retrait de la signature de la Confédération concernant cet accord national interprofessionnel, signé en dehors de tout mandat.

Non à la montée du corporatisme !

La CE de l’UD FO 22 prend la mesure de la montée du corporatisme et s’y oppose.

De même, nous soutenons tous nos syndicats qui décident dans l’unité la plus large possible Public/Privé de répondre aux appels à la grève dès le 22 mars et de s’appuyer sur cet appel pour être prêt à organiser le blocage du pays.

On connait les objectifs du gouvernement : ce sont nos droits et nos acquis qu’ils veulent détruire, il faut sortir du piège de la concertation et réaffirmer nos revendications :

  • Abrogation de la loi-travail et de la loi El-Khomri !
  • Abrogation des ordonnances Macron et du projet Pénicaud !
  • Retour à une sécurité sociale basée sur la cotisation et contrôlée par les travailleurs, abrogation de la C.S.G. !
  • Retrait du projet Macron Spinetta de la réforme de la S.N.C.F., maintien du statut des cheminots !
  • Maintien du diplôme national du bac, non à l’introduction du contrôle continu, non à la sélection à l’entrée de la fac !
  • Aucune suppression de postes de fonctionnaire, arrêt du recours aux contractuels, création des postes nécessaires !
  • Retrait du parcours professionnel carrières et rémunérations (P.P.C.R.) !
  • Maintien du Code des pensions et de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités !

A l’unanimité moins une abstention.